Publié le 14 septembre 2026

Emplois peu qualifiés : la formation continue face aux transitions

Près d’un emploi sur deux dans l’Union européenne présente de faibles exigences de compétences. C’est l’un des principaux constats du Cedefop, le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle. Il souligne l’ampleur des décalages entre le niveau de qualification des personnes et les compétences réellement requises dans leur emploi.

Les salariés occupant des emplois peu qualifiés sont particulièrement exposés aux transformations numériques, écologiques et démographiques. D’ici à 2035, jusqu’à un tiers des possibilités d’emploi accessibles aux personnes peu qualifiées pourraient disparaître en Europe sous l’effet de l’automatisation, de la numérisation et des évolutions structurelles du marché du travail. L’accroissement la demande de compétences de niveau plus élevé expose ce groupe à plusieurs risques simultanés : une diminution des possibilités d’emploi, des conditions de travail moins favorables, ainsi qu’un risque accru de chômage et d’exclusion sociale.

Les écarts concernent aussi les compétences numériques. Près de 40% des travailleurs effectuant uniquement des tâches numériques de base occupent des emplois à faibles exigences de compétences. Ils ont rarement accès à des activités plus complexes, notamment à la résolution de problèmes à l’aide des technologies numériques.

Au Luxembourg, les indicateurs sont légèrement meilleurs que la moyenne européenne, sans pour autant justifier un relâchement des efforts. Dans un marché du travail international et multilingue, l’accès à la formation reste néanmoins inégal selon les secteurs, les parcours et les langues (précision apportée par le LLLC : cette tendance est également relevée dans d’autres études réalisées au niveau national).

Lever les freins à la formation pour sécuriser les parcours

L’accès à la formation constitue un défi majeur. Les adultes peu qualifiés et les salariés exerçant des emplois à faibles exigences de compétences participent nettement moins souvent à des formations. Ils ne représentent qu’environ un tiers des participants à la formation, alors même qu’ils sont parmi les publics qui rencontrent le plus de difficultés pour développer leurs compétences et sécuriser leur parcours professionnel. Pour répondre à cet enjeu, le Cedefop préconise de renforcer les possibilités de perfectionnement et de reconversion, notamment dans les compétences numériques, techniques et numériques de base.

L’objectif ne se limite pas non plus à uniquement faciliter l’accès à la formation, mais il s’agit aussi d’améliorer la qualité de l’emploi, notamment les conditions de travail, la rémunération, les perspectives d’évolution et la reconnaissance des compétences.

Dans tous les cas, une approche coordonnée entre représentants du personnel, employeurs, pouvoirs publics et organismes de formation est donc indispensable pour accompagner ces transitions, réduire les inégalités et sécuriser les parcours professionnels.

 

Cedefop. (2026). Skill development and employment pathways for adults with low skill levels. Cedefop research paper. Publications Office of the European Union.