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Que sont les inégalités de revenus et comment ont-elles évolué?

Les inégalités de revenus sont peut-être la forme la plus connue des inégalités sociales. En effet, celles-ci sont souvent discutées dans les médias.

Les revenus considérés sont au nombre de trois : les revenus du travail, les revenus du capital ou de la propriété ainsi que les transferts sociaux. Ceux-ci sont additionnés et corrigés en fonction de la composition des ménages afin de les rendre comparables.

Sur le long terme, force est de constater que les inégalités de revenu au Luxembourg sont à la hausse. Si l’on se réfère par exemple au rapport interquintile, comparant la part des revenus revenant aux 20% de la population les plus pauvres (S20) à celle des 20% les plus riches (S80), celui-ci augmente très nettement depuis la fin des années 1990 au Luxembourg. Qui plus est, le rythme de croissance sur la période est plus élevé pour le Luxembourg que pour l’ensemble des pays de l’UE15.

Évolution du ratio S80/S20 ; source: Eurostat

L’indice de Ginifait apparaître des résultats similaires, c’est-à-dire une répartition de plus en plus inégalitaire des revenus au cours de la dernière décennie.

 1  L'indice de Gini est une mesure d'inégalité des revenus. Si la répartition des revenus est égalitaire, l'indice de Gini devient nul; il est égal à l'unité en cas d'inégalité maximale. Ainsi, plus l'indice de Gini se rapproche de l'unité, plus les inégalités dans la distribution des revenu sont fotres.

Évolution de l'indice de Gini ; source: Eurostat

Toutefois, l’indice de Gini avant et après impôts et transferts sociaux permet également de bien illustrer le rôle de l’État dans la réduction des inégalités. En effet, celui-ci se réduit de près de 40%, passant de 0,48 à 0,28 du fait de la redistribution par le biais de la fiscalité et des prestations sociales.

 

Indice de Gini avant et après transferts sociaux ; 2015 ; source : OCDE

Une autre méthode pour rendre compte de l’évolution des inégalités est l’analyse des ratios interquantiles. Le graphique suivant renseigne sur la répartition du revenu national équivalent au sein des différents quantiles ou regroupements de la population.

 

Évolution des écarts interquantiles ; source : Eurostat

Ainsi, le rapport D10/D1 renseigne sur les parts du revenu total équivalent perçu par les 10% les plus riches (D10) et les 10% les plus pauvres (D1). Si de 1995 jusqu’au milieu des années 2000 cet indicateur oscille aux alentours de 5 à 6 (signifiant que les 10% les plus riches perçoivent 5 à 6 fois plus de revenus que les 10% les plus pauvres) il a depuis pris une nette tendance à la hausse et dépasse en 2016 même la valeur de 8. Si l’on ne prend en compte que les 2% de personnes les plus aisées (P99 et P100), et qu’on compare leur part du revenu total équivalent à celle des 10% les moins bien lotis, on constate qu’il existe une tendance similaire à l’augmentation depuis le milieu des années 2000.

De façon plus générale, l’ensemble des ratios présentés dans le graphique ci-dessus pointent vers une divergence croissante des hauts et des bas revenus depuis le milieu de la dernière décennie alors qu’entre 1995 et le milieu des années 2000 on assistait plutôt à un repli des écarts entre revenus des plus riches et ceux des plus pauvres.

Les données du LIS Data Center (anciennement Luxembourg Income Study) permettent d’approcher cette question en prenant une perspective de plus long terme, en partant de la situation au milieu des années 1980.

 

Évolution des écarts interquantiles sur le long terme ; source : LIS Data Center, calculs CSL

 

Si l’on compare le Luxembourg à l’Allemagne, on constate que les inégalités de revenu étaient nettement moins présentes au Luxembourg en début de période, notamment pour ce qui est des extrêmes de la distribution, c’est-à-dire les 5% les plus riches (S95) et les 5% les plus pauvres (S5). Toutefois, au fil du temps, les inégalités ont connu une forte progression, le rapport entre S95 et S5 ayant presque doublé au cours du quart de siècle allant de 1985 à 2010 pour rejoindre les niveaux connus en Allemagne, pays nettement plus inégalitaire que le Luxembourg sur l’ensemble de la période.

En plus des inégalités de revenu, il convient aussi de s’intéresser aux inégalités de salaire. Ainsi, en confrontant différents niveaux de gains salariaux, on peut retracer l’évolution des écarts entre les différents niveaux de salaire.

Evolution des écarts salariaux horaires ; source : Projet de loi n°7085 modifiant l’article L.222-9 du Code du travail ; graphique : CSL

Au cours des quinze dernières années, le salaire moyen (SHM) a progressé plus rapidement que le plus haut salaire parmi les 20% de salariés qui gagnent le moins (S20). Le rapport entre ces deux niveaux de salaire est en effet passé de 1,69 en 2000 à 1,91 en 2016. L’écart entre le plus bas salaire parmi les 5% de salariés les mieux rémunérés (S95) et le salaire moyen s’est accru encore plus rapidement. Ainsi, le cumul des progressions de ces deux écarts révèle que le rapport entre les 5% de salaires les plus élevés et les 20% les plus faibles progresse de façon continue depuis 20 ans. En 2000, le plus bas salaire parmi les 5% de salariés qui gagnent le plus est 3,65 fois plus élevé que le plus haut salaire parmi les 20% de salariés les moins bien rémunérés. En 2016, l’écart passe à 4,36. Notons aussi que les bas salaires augmentent de près de 36% entre 2000 et 2015, tandis que l’augmentation est d’environ 53% pour le salaire moyen et de 62% pour les hauts salaires.

 

 

 

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